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Dieter, Mel Lawrence et Martine
Mel Lawrence naquit à Brooklyn en 1935. Après des études à Long Island University et à l’Université d’Hawaï, il commença à travailler dans la promotion radiophonique, l’organisation de concerts et la production de festivals.
Il participa à plusieurs événements fondateurs de la culture musicale américaine des années 1960. Il fut notamment coproducteur du Magic Mountain Music Festival, collabora au Monterey Pop Festival et participa à la production du Miami Pop Festival.
En 1969, Mel Lawrence devint directeur des opérations du festival de Woodstock. Sa mission couvrait tout ce qui ne concernait pas directement le spectacle : transports, sécurité, alimentation, eau, installations sanitaires, communications, accès de secours et coordination générale du site.
Il se consacra ensuite au cinéma documentaire. Il fut producteur associé de Koyaanisqatsi, puis producteur de Powaqqatsi et coproducteur de Naqoyqatsi. Il réalisa et produisit également plusieurs documentaires consacrés aux peuples, aux cultures et aux transformations sociales.
Mel Lawrence mourut en 2016.
Dans le récit de Martine
Martine rencontra Mel Lawrence en Bolivie, pendant la préparation de Koyaanisqatsi.
Dieter, le compagnon de Martine à cette époque, conduisit l’équipe du film jusqu’au village d’Omereque, où le couple développait une plantation de jojoba. Les cinéastes parcouraient alors la Bolivie à la recherche de paysages et de lieux susceptibles d’entrer dans l’univers visuel du film.
Dieter leur parla aussi d’un mystérieux « village magique », évoqué selon lui dans différents récits sud-américains. Intriguée, l’équipe accepta de partir à sa recherche.
Cette aventure fut le point de départ d’une amitié entre Mel et Martine qui dura toute leur vie.
Martine se souvient
Martine raconte qu’après un long voyage à travers l’intérieur de la Bolivie, le groupe découvrit finalement un village qui semblait correspondre à celui qu’ils recherchaient.
Les voyageurs y furent accueillis par une grande fête. La nuit se déroula entre musique, alcool, drogues, danses et rencontres avec les habitants. Pourtant, malgré la présence de professionnels du cinéma et de leur matériel, personne ne pensa à filmer.
Au réveil, le lieu semblait vide et abandonné. Les habitants avaient disparu et il ne restait presque aucune trace de la fête. Les membres de l’équipe repartirent sans parvenir à expliquer clairement ce qu’ils avaient vécu, ni pourquoi aucun d’eux n’avait utilisé une caméra.
Martine présente cet épisode comme le souvenir d’une expérience collective particulièrement forte. Il ne s’agit pas d’un événement documenté de manière indépendante, mais d’un récit partagé par plusieurs personnes présentes au cours du voyage.
Sur le chemin du retour, Mel mit Martine en garde contre les financements dangereux auxquels elle pourrait être confrontée pour réaliser son film sur la conquête du Mexique. Il lui conseilla de rester prudente et de ne pas accepter certains types d’argent, au risque de perdre sa liberté.
Après leur rencontre bolivienne, Mel resta pour Martine un lien précieux avec le monde concret du cinéma. Producteur expérimenté et homme de spectacle, il l’écouta, la conseilla et la soutint pendant des années dans ses tentatives aventureuses de faire produire son film sur la Conquista.
Au-delà du professionnel reconnu, Martine se souvient d’un ami fidèle, capable de comprendre son ambition tout en l’aidant à mesurer les risques du chemin qu’elle avait choisi.
Pour approfondir
Michael Montalvo est un vétéran américain de la guerre du Vietnam. Dans les années 1980, il fut reconnu coupable d’avoir dirigé une organisation impliquée dans le trafic de cocaïne en Californie. Il refusa les accords proposés par l’accusation, choisit d’être jugé et fut condamné à la réclusion à perpétuité sans possibilité de libération conditionnelle. Les sources consacrées à son dossier décrivent une infraction sans violence et précisent qu’il ne fut accusé ni d’actes violents ni de coercition. Pendant près de trente-sept années de détention, Michael Montalvo étudia le droit, participa à de nombreux programmes de formation et accompagna d’autres détenus dans leurs démarches juridiques et leur réinsertion. Sa conduite en prison fut présentée comme exemplaire par les organisations qui soutinrent sa demande de clémence.
Le 17 janvier 2025, le président Joe Biden commua sa peine. Michael Montalvo retrouva la liberté après presque trente-sept ans d’incarcération.
(Sur la photo, les « trois Michael » : Montalvo est au centre.)
Dans le récit de Martine
Martine connut Michael Montalvo pendant les années qu’elle passa en Bolivie. Il était associé à Dieter, son compagnon de l’époque, dans un projet de culture de jojoba installé près du village d’Omereque.
Cette période occupe une place importante dans À LA POURSUITE DE LA CONQUISTA.
Elle correspond à une vie isolée dans les hauts plateaux boliviens, au développement de la plantation et aux projets entrepris avec les habitants du village.
Martine se souvient
Selon les souvenirs de Martine, la culture de la jojoba devait permettre de créer une activité économique durable dans une région particulièrement démunie. Elle raconte que la culture de feuilles de coca contribuait alors à financer la plantation ainsi que différentes initiatives destinées aux habitants d’Omereque.
Martine insiste sur le fait que, dans l’expérience qu’elle a personnellement vécue, l’argent servait également à améliorer les conditions de vie du village. Elle participa notamment à des projets concernant les enfants, la santé, l’école et les infrastructures.
Elle se souvient aussi d’un épisode survenu à Paris. Michael Montalvo portait un lourd manteau dont la doublure dissimulait une importante quantité de dollars. Lorsqu’il fallut régler une addition particulièrement élevée, il invita discrètement Martine à le suivre afin d’y prendre les billets nécessaires. Cette scène, à la fois inquiétante et presque cinématographique, est restée gravée dans sa mémoire.
Ces éléments relèvent du témoignage personnel de Martine Callandry. Ils apportent un éclairage complémentaire à son autobiographie, mais ne sont pas tous corroborés par des sources documentaires indépendantes.
Pour approfondir

Cinque uomini seduti su tavole di legno accanto a una casa rustica.